Question de puissance

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  • 14 avril 2019

La hantise de certains musiciens est de ne pas se faire entendre. Surtout en orchestre, beaucoup sont affectés quand ils ne perçoivent pas bien leur instrument noyé dans la multitude et finissent par penser qu’il est inférieur. Alors, ils se décident de changer et privilégient un violon ou violoncelle d’une grande puissance comme on en trouve souvent parmis les instruments d’importation.
Ont-il raison?
Je ne le pense pas. Une puissance excessive peut cacher la médiocrité du son. Et avec du bruit, on fait accepter des sonorités fades, sans grain, ni personnalité. La puissance est comme le sel et le poivre dans un plat industriel: ils en cachent les défauts.
La puissance d’un instrument n’est pas synonyme de portée. Certains instruments que l’on croit un peu faibles de près donnent toute leur mesure à distance. Ainsi, cette copie d’un violoncelle stradivarius qui avait plus de son de près et qui s’avérait très modeste à côté de l’original à une dizaine de mètres…
A mon sens, dans le choix d’un instrument, il ne faut pas mettre la puissance comme premier critère. Bien sûr, il ne s’agit pas de choisir un instrument éteint, mais avec un peu d’habitude on entend toujours un son déséquilibré dont les décibels cachent la pauvreté. Le grain, la finesse, la personnalité doivent être pris en compte. Ce sont des mots difficiles à mettre dans l’oreille, Il faut surtout se laisser guider par ses goûts. Un son vous parle ou vous laisse indifférent, mais ce n’est pas une question de puissance. Ensuite, il faut écouter l’instrument à quelques mètres de distance. C’est là qu’on peut vraiment l’entendre.

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