Qui suis-je ?

Un passionné. Et pas tout jeune. Disons que je suis un vieux jeune luthier.

Né dans une famille de paysans pauvres la musique n’a eu aucune place dans mon éducation très sommaire. Le violon est pourtant entré dans ma vie quand j’avais douze ans. J’étais en pension dans un collège, en sixième. En cours de maths, j’entends tout à coup une musique incroyable, qui me parle. Alors, je me lève de ma place, je sors et j’entre dans la classe voisine. C’était le cours de musique ; un jeune professeur jouait du violon. J’ai vu l’instrument, je crois que je le reconnaissais.

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Le week end suivant, j’ai tenté de construire un violon avec du carton et du bois. C’était le premier. Dans les années 70, j’ai appris à construire un violon, mais je ne me sentais pas prêt pour m’installer luthier. Je savais qu’il était bien difficile de vivre de la construction et comme je ne voulais pas devenir marchand, j’ai continué en amateur en choisissant une autre voie, le journalisme et ensuite l’écriture de romans. Je suis devenu romancier professionnel, tout en continuant de construire des violons, de chercher ma voix intérieure, cette voix entendue dans un collège de Corrèze et sublimée qui m’échappait toujours.

J’ai construit des violons pendant plus de trente années sans jamais être satisfait. Si, au début de ma carrière littéraire, j’ai jeté beaucoup de manuscrits à la poubelle, j’ai aussi mis au feu une grande quantité de violons.

Quelque chose m’échappait : mes instruments ne sonnaient jamais comme je le souhaitais.

Alors je me suis intéressé à la seule chose que je ne maîtrisais pas encore : le bois. J’ai eu la conviction que ce qui manquait à mes violons venait de là. Tout comme le travail et l’assiduité ne transformeront jamais en grand chanteur un élève doté d’une voix naturelle médiocre, j’avais beau m’obstiner, mes bois ne pouvaient donner que le son qui était en eux.

Ce fut le début d’une série de séjours dans le Jura, dans l’est de la France et en Suisse. J’ai parcouru des forêts sauvages (où aucun arbre n’a été planté par l’homme) en compagnie de bûcherons qui connaissaient parfaitement leur affaire. Avec le temps, j’ai pu en faire des amis et ils m’ont appris le langage du bois.

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Quelques années plus tard, le temps nécessaire au séchage, j’ai pu construire mes premiers véritables violons. Et les commercialiser.

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Violon pour tous - Créé par Maxime Ronceray